|
Catherine Potron, celui qui lui a jeté
la Pierre, lui a tendu la Main ! Dans le jardin du maître sculpteur, Elle sut, En posant ses mains sur sa première pierre d'estaillade, Que le calcaire tendre servirait ses visions et porterait son univers, Sans autre force ni faiblesse que celles de sa délicate fragilité. Ses oeuvres semblent sculptées avec le souffle ! L'angoisse de la faille comme la brutalité du burin, Par enchantement se sont estompées. Par un subtil ouvrage millimétré, Le vide essentiel A livré à la main et à la sensation de l'oeil, l'accès au coeur de la pierre... C'est alors que tout s'est libéré... C'est alors que la femme déshabillant la terre s'est découverte, que la spectatrice a dansé avec le spectacle d'elle même, Que ses galions espagnols aux dunettes parées de boiseries tibétaines ont gagné les grands ergs aux falaises troglodytes que des tailleurs de pierre escaladent à mains nues, Que ses tours de Babel d'un coup de rein sont devenues des drapés Incas surpris de la splendeur de leur propre apparat, Que ses harpes obliques se sont offertes piliers à ses temples Hindous présentant en façade la geste du monde en coupe verticale, parmi les traces fossilisées de sauriens inouïs, A cet instant, papales et sensuelles, ses tiares imaginaires et intuitives se sont vues coiffées à leur tour de couronnes de Krishna où s'accrochent en cascades des ombres inspirées de pourpre et de jade... C'est ainsi que l'immense tunique du rêve s'est enrichie d'astres nouveaux, s'est incrustée d'inédites roues de vie aux innombrables facettes karmiques, enfantines, jaunes, roses et "or-bonbon" ! C'est ainsi qu'aux jardins suspendus, une Alice mexicaine fiancée au Souverain Aztèque affleure une réalité aux corolles patinées ! C'est ainsi que sur des îles de Pâques bien à elle, parmi des yeux de paons et de papillons, parmi des navires de coraux aux incrustations maya et les clairs méandres enjoués de ses créations aux silhouettes multiples, l'âme du sculpteur accompli se cache- expose, s'érige et nous apaise de sa félicité ... Jean Pierre Sandoz. 5-8-93. @ : Un Eté par Jour Editeur. |
|